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Que veux-tu faire dans la vie? Quelle profession t’intéresse? Poser cette question à un jeune sur les bancs d’école peut l’inciter à y réfléchir, certainement. Et pourtant, bien des gens se sont retrouvés à exercer un métier auquel ils n’avaient jamais pensé, par le hasard de lectures, de rencontres, de la vie...

TABLE DES MATIÈRES

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D’un sarrau à un métier pour la vie

Un sarrau accroché à une patère fut l’élément déclencheur qui m’a dirigée vers une carrière de professeur de chimie. C’était au printemps 1983, la fin du cégep arrivait et je n’avais encore aucune idée de mes champs d’intérêt futurs en matière de travail. J’avais suivi un programme de sciences pures et sciences santé, sans penchant particulier. Les inscriptions à l’université commençaient, alors quoi faire? Ce sarrau en question, il avait appartenu 

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à Diane Rivest-Filion, une jeune prof de chimie engagée et engageante. Au cégep elle me l’avait prêté puis donné, de même que plusieurs livres de chimie que j’aurais déjà, au lieu de devoir les acheter, si je me décidais à m’inscrire au B.Sc. en chimie à l’Université de Montréal. Ce que j’ai fait.

J’ai donc passé les trois prochaines années à apprendre tout sur la chimie pratique, théorique, expérimentale, médicinale et j’en passe. Nous étions une classe de quatre-vingt-huit étudiants, toujours ensemble, comme une famille, à étudier intensément, à développer des amitiés durables et à faire la fête. Bref, ce furent trois des plus belles années de ma vie. Le plaisir venait aussi de vivre dans un milieu universitaire diversifié, tant par la rencontre de différentes cultures que par le partage de connaissances multidisciplinaires. Je retournais voir Diane de temps en temps, pour lui raconter mon parcours et échanger quelques anecdotes.

 

Après mon B.Sc., comme je voulais rester à l’université, j’ai commencé une maîtrise en chimie analytique et je me suis découvert des aptitudes pour la recherche (ce sont les autres qui me le disaient!). Mon superviseur, feu Michel Bertrand, savait inculquer à ses étudiants le feu sacré de la recherche, même s’ils les laissaient se débrouiller la plupart du temps. Deux ans plus tard, mon diplôme en main, j’ai constaté qu’il me fallait vraiment améliorer mon anglais si je voulais travailler en sciences. C’est l’Université Dalhousie, à Halifax, qui m’a accueillie durant les trois années qu’a duré mon Ph. D. Quel défi d’apprendre l’anglais et la chimie environnementale avec trois superviseurs de recherche : Greig Sim (Néo-Zélandais), Louis Ramaley (du Colorado) et Bob Boyd (Écossais). J’ai adoré Halifax et la Nouvelle-Écosse, j’y ai appris des tas de choses et c’est là que j’ai rencontré Bill Caley, mon conjoint, il y a 32 ans!

 

Un jour, une conférencière en visite à Halifax, Catherine Costello, m’a dit qu’elle cherchait un ou une spécialiste dans mon domaine pour travailler au prestigieux Massachusetts Institute of Technology. J’ai postulé, ils m’ont invitée pour un entretien et voilà, j’avais l’emploi et j’y suis restée de 1992 à 1994. Ce fut une autre belle expérience à collaborer avec des chercheurs internationaux dans le milieu fort stimulant et énergisant des villes de Cambridge et de Boston.

 

C’est en avril 1994 que je suis venue à Winnipeg pour la première fois, passer une entrevue pour un poste de professeur au Département de chimie de l’Université du Manitoba. C’est l’accueil chaleureux de mes futurs collègues et la présence d’une forte communauté francophone qui m’ont convaincue de venir m’établir ici. Depuis, en aucun moment ai-je regretté cette décision. Si le français me manque parfois au travail, je me rattrape en participant à plusieurs activités organisées en milieu francophone.

 

Alors j’en viens au fait, quelles sont les activités quotidiennes d’une prof de chimie? Premièrement aucune journée ne ressemble aux autres, ce qui rend cette profession vraiment fascinante et jamais ennuyante. Le seul dénominateur commun est l’enseignement, vu que les cours et les laboratoires ont lieu à heures fixes d’une semaine à l’autre. Notre tâche comprend 40 % d’enseignement. Autrement, il y a la recherche, pour laquelle un autre 40 % est consacré. Cela veut dire entre autres : élaborer un programme de recherche avec des projets à dates de tombées précises, préparer des demandes d’octroi pour aller chercher les fonds nécessaires à cette recherche, recruter des étudiants et du personnel qualifié pour faire avancer les projets, et assurer la visibilité des résultats de recherche à travers les publications et conférences. Le 20 % qui reste, c’est le travail administratif en comités. En effet, le Département de chimie, la Faculté des Sciences et l’ensemble de l’Université du Manitoba comptent beaucoup sur les professeurs pour toutes sortes de décisions importantes prises en comité : le cursus pour les années à venir, la nomination d’un ou d’une collègue pour un prix prestigieux, la gestion des affaires départementales, l’embauche de nouveaux professeurs, les cas de tricherie lors des examens, les collaborations de recherche, etc.

 

Ce que j’aime le plus dans mon emploi du temps est l’interaction avec les étudiants de tous niveaux, qu’ils soient en première année du B.Sc. ou rendus à la fin de leur doctorat. Chaque étudiant a une personnalité différente, des attentes différentes et un processus d’apprentissage différent. J’essaie toujours de me mettre à leur place quand j’étais étudiante et de leur communiquer mon expérience sans trop tomber dans le patron de la mère poule. Ce que j’aime le moins? Le stress d’obtenir ou pas nos octrois de recherches. Diriger un laboratoire de recherche c’est comme gérer une mini-entreprise, il faut payer nos employés et nous assurer que leur milieu de travail est bénéfique et épanouissant, donc s’occuper des relations humaines. C’est le genre de formation qu’on n’apprend pas dans les cours de chimie, mais que l’on apprend plutôt « sur le tas ».

 

Enfin pour terminer, il m’a toujours tenu à cœur que mes anciens étudiants fassent un travail qu’ils aiment et qui les intéresse. Où sont-ils rendus maintenant? Voici une liste d’endroits où on peut les trouver :

  • Les universités;

  • les établissements d’enseignement;

  • Santé-Canada;

  • Environnement Canada;

  • les compagnies pharmaceutiques;

  • la Commission canadienne du grain;

  • les centres de traitement des eaux usées;

  • les laboratoires de toxicologie et de médecine légale;

  • les hôpitaux;

  • les fabricants de peinture, polymères et matériaux;

  • l’industrie aéronautique;

  • les laboratoires de produits cosmétiques;

  • les fabricants de composantes électroniques;

  • l’industrie agroalimentaire;

  • la vente et le maintien d’instruments de laboratoire;

  • l’industrie des produits pétroliers;

  • les laboratoires environnementaux.

 

Vous connaissez sûrement quelqu’un qui travaille dans un de ces domaines. Merci de m’avoir lue, je retourne à ma correction d’examens!

Hélène Perreault est
chercheuse et
professeure agrégée
au Département de chimie
à l’Université du Manitoba.

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Survoler la vie comme un oiseau

D’aussi longtemps que je puisse me souvenir, j’ai toujours été attiré par la nature et les animaux. Originaire d’une petite municipalité rurale au Québec, j’ai grandi sur le bord de la rivière Richelieu qui s’avérait être un terrain de jeux formidable.

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Déjà très jeune, j’aidais mes oncles sur la ferme, ce qui m’a mis en contact direct avec mon environnement, mais ce dont je me souviens le plus c’est lorsque ma voisine m’a donné un guide d’identification des oiseaux. C’était le Guide des oiseaux de l’est de l’Amérique du Nord de Peterson. J’ai parcouru ce livre du début à la fin à plusieurs reprises tellement que les pages sont devenues très usées.

J’excellais dans mes études et, ne sachant pas dans quelle branche me diriger, j’ai choisi les sciences croyant que c’était le domaine qui m’ouvrirait le plus grand nombre de portes. 

J’ai débuté mon parcours universitaire en études environnemen-tales à l’Université York de Toronto, afin de parfaire mon anglais (aussi parce que j’étais tombé sous le charme d’une Torontoise), et je suis ensuite revenu à l’Université du Québec à Montréal en sciences de l’environnement.

Ces années à l’UQAM m’ont vraiment fait apprécier la nature puisque la majorité de mes cours était sur le terrain. Que ce soit pour faire des recensements d’oiseaux ou de mammifères, des études sur les insectes ou la limnologie des lacs et des rivières de la région de Saint-Michel-des-Saints, chaque journée était remplie d’aventures aussi fascinantes les unes que les autres.

Ce qui me fascinait le plus c’était de constater comment tout dans la nature est intrinsèquement relié. Que ce soit l’acidité du roc qui altère la qualité chimique des sols qui entraîne ensuite la croissance de certaines plantes adaptées à ce type de sol et qui vont par la suite attirer certaines espèces animales spécifiques, les liens qui relient tous ces éléments naturels étaient pour moi une source d’émerveillement et je voulais toujours en savoir davantage.

Mes études terminées, et ne sachant pas encore où me diriger, je me suis exilé de mon Québec natal pour aller vivre au Manitoba. Ma copine, rencontrée au Biodôme de Montréal, avait reçu une offre d’emploi au Centre d’interprétation du marais Oak Hammock, un centre de la nature situé juste au nord de Winnipeg.

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Ainsi commence mon aventure manitobaine. C’est à titre de bénévole que je débute, mais je suis rapidement embauché grâce à mon bilinguisme. De guide naturaliste à coordinateur des programmes publics puis des événements spéciaux, je suis maintenant responsable des communications et du marketing. 

Cet emploi m’a permis entre autres de suivre ma passion de la nature et des animaux, mais aussi de la communiquer aux nombreux groupes scolaires et aux visiteurs provenant des quatre coins du monde. 

Les gens me disent souvent que j’exprime beaucoup d’enthou-siasme pour ce que je fais et je crois que c’est en fait la recette du succès dans la vie. Si on adore le métier ou la profession qu’on fait, on n’a vraiment pas l’impression de travailler. D’ailleurs j’ai souvent dit que je ferais probablement le même travail sans rémunération, mais ne le dites surtout pas à mon employeur.
 

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Jacques Bourgeois est responsable des communications et du marketing au Centre d’interprétation du marais Oak Hammock.

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Ma rencontre avec la Fleur de Vie¹

Enfant, je voulais être fleuriste…

 

Adolescente, je me suis passionnée pour la langue et la culture allemandes jusqu’à faire des études de langue et civilisation allemandes pour devenir professeur… Depuis toujours, j’aime partager, transmettre ce qui m’anime.

 

Insatiable curieuse, j’aime découvrir et comprendre le monde dans lequel je vis : civilisations, cultures, spiritualités, langues, cuisines… C’est ainsi que je construis et nourris mon imaginaire. C’est sans doute ce qui m’a ensuite guidée vers le secteur du tourisme. Paradoxalement, je n’ai pas beaucoup voyagé pendant les quinze ans que j’ai passés dans le monde du tourisme.

 

En revanche, j’ai énormément voyagé à travers le temps et l’espace dans mon imaginaire grâce à la lecture. J’ai suivi le chemin des Celtes, des Maures. Je me suis intéressée aux grandes civilisations du bassin méditerranéen. Mes lectures m’ont emmenée de l’Allemagne à Venise, de Cordoue à Ispahan, de Bruges à Istanbul. Ce sont tous ces voyages « par procuration » grâce à mon imaginaire qui ont nourri mon grand besoin de découverte, de connaissance.

 

En parallèle, j’ai toujours été intéressée par le développement personnel et la spiritualité. J’allais à la recherche de mon Âme, de ma Mission sur terre par plusieurs moyens. Le Sacré a toujours eu une place importante dans ma vie.

 

Aujourd’hui je donne du sens à tout cela, je vois le fil invisible qui relie tout de manière parfaite dans ma vie : la linguistique et l’informatique qui me mènent à la PNL (programmation neurolinguistique), le tourisme qui me mène aux voyages chamaniques, le train qui m’a remis sur mes rails, le Web qui m’a permis de me reconnecter à mon âme, à mon essence profonde. Je suis riche de toutes ces expériences, de tous ces voyages et de la connaissance que j’ai maintenant de moi grâce à cette vision plus consciente de mon parcours.

 

C’est la rencontre avec la Fleur de Vie qui m’a montré et ouvert la porte de la peinture. Du jour où j’ai pris mon compas pour la tracer, je n’ai eu de cesse de tourner…

 

Je suis devenue fleuriste en quelque sorte…

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Et à l’instar de cette figure géométrique symbole d’expansion, les toiles se multiplient allant puiser l’inspiration dans cet imaginaire si riche qui m’habite et m’anime. Je me sers de cette grille comme d’une trame sur laquelle je tisse des fils issus du réel et de l’imaginaire, du matériel et du spirituel. Ainsi ma peinture prend tout son sens et peut être perçue à plusieurs niveaux de conscience. Car c’est bien cela la raison pour laquelle je peins…

 

Je peins pour créer du Beau parce que « quand on fait du Beau on fait aussi du Bien »… Et je peins également pour aider les gens à se reconnecter à leur âme, c’est cela le rôle de l’Imagicienne

¹ La fleur de vie est une figure géométrique composée d'une juxtaposition de plusieurs cercles égaux, reliés centre-à-centre. […] Cette figure est associée à la géométrie sacrée, et représenterait des croyances spirituelles antiques en dépeignant les aspects fondamentaux de l'espace et du temps. 

Source : Wikipédia

 

² Qu’est-ce qu’une Imagicienne?, Anne-Claire Benoit Joffroy, Le Nénuphar

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Anne-Claire Benoit Joffroy est artiste peintre et Imagicienne chez
Un jardin sous les étoiles.

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Qu’est-ce qu’une Imagicienne?

 

C’est la question qu’on me pose le plus fréquemment et pour cause!

 

Si vous êtes là, c’est que ça vous intrigue aussi. Alors, je vous le dis tout net, attendez-vous à lire des phrases avec des mots magiques, des mots ésotériques, des mots secrets et sacrés, car c’est bien de cela qu’il s’agit.

 

Si vous avez lu ma biographie, vous avez pu lire que je suis linguiste de formation. Et en bonne linguiste que je suis toujours (car après avoir appris l’allemand et l’anglais, j’ai également pris l’option langue des oiseaux depuis quelques années) faisons donc ensemble un peu de linguistique en commençant par de l’étymologie!

 

Ce magnifique néologisme (mot nouveau, inventé par mes soins) prend ses racines dans le mot « mage », qui désigne un prêtre de la religion des anciens Perses, dont les attributions étaient – entre autres – l’astrologie / astronomie (puisqu’alors les deux ne faisaient qu’un). Tiens donc quelqu’un qui regarde les étoiles! Mais, dites-moi, en Perse, il y a Babylone… où se trouvaient les mythiques jardins suspendus, n’est-ce pas? Nous y voilà donc, les prémices du Jardin sous les étoiles, une vieille réminiscence de vie antérieure?!?

 

Le terme de « mage » a évolué pour donner le terme de « magie », pratique occulte visant à influencer le monde extérieur. Grimoires, sortilèges, potions, incantations, la Magie se pratique de diverses manières…

 

Revenons à la langue des oiseaux… Si vous ne l’aviez pas encore noté, le mot MAGIE est une anagramme du mot IMAGE (les mêmes lettres dans un autre ordre). Et moi, ça j’adore!!! Parce que les deux se marient à merveille pour moi. Quand je dis « la Magie », en langue des oiseaux vous entendez « l’âme agit » … et c’est là que tout prend son sens, que nous rentrons véritablement dans le vif du sujet.

 

La véritable Magie de l’Imagicienne est de parler à l’âme à travers les images.

 

Oui c’est bien cela qui m’anime. À travers mes tableaux, je cherche à parler à votre âme, comme les Idées et Concepts qu’ils illustrent parlent à la mienne. Mon travail en tant qu’Imagicienne, est de rendre visible l’invisible, l’idée, l’énergie; alors cela devient vraiment magique!

 

Mon travail d’Imagicienne vient également vous parler d’imaginaire. Il témoigne du fait qu’à partir de la simple figure géométrique qu’est le cercle, puis son évolution en Rosace, si l’imaginaire est là, alors l’imagination permet de les décliner à l’infini.

 

C’est tout le propos illustré par la série « Graines de Fées © ». Un motif, de l’imagination basée sur un imaginaire régulièrement entretenu… et déjà une cinquantaine de modèles tous différents!

 

Dans une démarche de développement personnel, grâce à une savante alchimie de plusieurs techniques, l’Imagicienne vous guide également pour aller à la rencontre de votre âme, à travers votre propre imaginaire et sa retranscription en images lors d’ateliers thématiques ou de séances individuelles.

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Par amour de l’histoire

Je dis souvent pour blaguer que je suis né à La Fourche, mais je suis réellement né à Saint-Boniface et je suis passé de l’Hôpital Saint-Boniface à la résidence familiale sur la rue La Vérendrye. Ce nom m’a toujours fasciné, car, en grandissant à Saint-Boniface, les rues connues portaient des noms de prêtres : Taché, Provencher, Langevin, Thibault… et le fait que le nom de notre rue « La Vérendrye » se distinguait des autres a piqué ma curiosité et engendré un réel intérêt pour l’histoire. Qui était ce personnage? Qu’avait-il fait? 

À cette époque, nous vivions près du confluent de la rivière Rouge et de la rivière Seine et c’était la campagne en ville, car devant nous il y avait de grands champs en plus de la proximité des rivières. J’ai donc passé mon enfance sur ce territoire de champs et de bois, à chasser le lièvre et le pigeon, et à fabriquer des arbalètes. En l’absence de centres récréatifs ou de services de loisirs durant les années 1950 à 1960, notre bande d’enfants du quartier se débrouillait avec les moyens du bord pour fabriquer les pièges et les armes dont nous avions besoin. Mon père était fermier, charpentier, pêcheur, chasseur. Il possédait donc tous les outils dont nous pouvions avoir besoin. Homme de la nature, il nous amenait souvent avec lui à la pêche et à la chasse. J’ai ainsi grandi en contact étroit avec la nature. 

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Puis, au Collège Saint-Boniface où j’ai fait mes études (et où j’ai été président du comité culturel), il y avait un carnaval. Les Pères Jésuites avaient transposé le Carnaval de Québec pour l’adapter au collège. Chaque classe participait. J’ai ainsi collaboré à la construction du premier fort de glace au parc Provencher. Nous invitions les scouts et la population à venir à notre carnaval qui est devenu quelques années plus tard le Festival du voyageur. 

Avec le Festival du voyageur, nous pouvions revivre la vie des voyageurs qui font partie de mes ancêtres. Ces hommes venus à 

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la rivière Rouge avec des contrats de voyageurs ont marié des Autochtones. Ma grand-mère était métisse et je suis donc Métis. Je dis parfois que le même sang qui coulait dans les veines de Louis Riel coule dans les miennes. Il est d’ailleurs aussi allé au Collège Saint-Boniface. 

Je me suis impliqué dans le Festival du voyageur et, avec quelques autres personnes qui avaient, comme moi, un engouement pour l’histoire et le désir de faire connaître nos racines, nous avons mis en œuvre les premiers programmes scolaires. Quelques-uns d’entre nous allions dans les écoles habillés en voyageurs afin de raconter l’histoire des voyageurs. Nous avons fondé « Les Associés du Fort Gibraltar », un groupe de bénévoles qui rassemblaient les gens qui avaient à cœur d’interpréter l’histoire de la bonne façon. 

C’était important pour moi d’apporter le festival dans les écoles éloignées comme à Thompson et à Saint-Lazare, car leurs habitants n’avaient pas nécessairement le temps ni les ressources pour venir au festival. Il y avait un besoin là, à preuve, lorsque les organisateurs du Festival du voyageur ont mis fin au programme scolaire, j’ai commencé à recevoir des demandes pour me rendre dans les écoles. J’ai donc commencé mon propre programme scolaire qui a duré environ 20 à 25 ans.

Entre-temps, je suis devenu caméraman pour Radio-Canada, ce qui m’a permis de voyager un peu partout au Canada et aux États-Unis. Un caméraman, ça passe presque tout son temps à l’extérieur, dans la nature, sous la pluie, la neige… C’est là que j’ai acquis mes premières notions de géographie et d’hydrographie et commencé à établir la connexion avec les rivières et comprendre comment La Vérendrye a réussi à traverser d’est en ouest. 

En grandissant, j’ai fait partie du mouvement scout où je suis devenu chef de la troupe au Précieux-Sang. Dans le scoutisme, on approfondit nos connaissances de la nature et de la survie dans la nature. On y apprend la topographie, la cartographie, le canotage… Le monde naturel m’attirait et j’y étais bien plus à l’aise qu’en ville.

Plus tard, avec ma femme et mes enfants, lors de nos vacances en famille, nous faisions du canot-camping. Nous avons commencé par nous rendre dans des parcs provinciaux, mais nous les trouvions trop achalandés. Nous voulions nous évader davantage, plus au Nord ou à l’Ouest, dans des endroits plus « déserts ». 

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Au moment de planifier notre retraite, mon épouse et moi avons acheté un terrain de 200 acres sur les bords de la rivière Roseau. Il faut savoir que La Vérendrye se servait de la rivière Roseau… ce fait n’est pas très connu, mais le premier homme blanc enterré dans les Prairies est Lajemmerais, neveu de La Vérendrye enterré à la Fourche des Roseaux (confluent des rivières Roseau et Rouge). La rivière Roseau a d’ailleurs servi à beaucoup d’explorateurs, car c’était le lien entre le lac des Bois et le lac Winnipeg. La Vérendrye s’était fait dire par Oshaga (un Autochtone) que pour trouver la mer de l’Ouest (son but ultime) qu’il y avait deux façons de s’y rendre : une par la rivière Winnipeg qui est dangereuse et qui comporte beaucoup de portages, et l’autre par la rivière du lac des Bois, qui ne nécessite qu’un long portage de 8 à 10 km, puis tu débouches sur la rivière Rouge, tournes à droite et tu vas trouver la mer de l’Ouest. 
 

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Georges Beaudry est propriétaire de O'Roseau, Parc des rapides

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Par amour de la nature

Dans la décision d’acheter notre terrain, il y avait le désir d’inviter les écoles à venir chez nous pour montrer des voyageurs en dérouine et un campement des années 1800 avec des tipis et des charrettes de la rivière Rouge que nous allions construire. 

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Du temps de La Vérendrye, le seul moyen de voyager dans ces pays c’est le canot. Les Métis construisent alors la charrette de la rivière Rouge et à partir de ce moment, au lieu de voyager d’est en ouest, on commence à aller du nord au sud… aux États-Unis. Les Américains ont des bateaux vapeur sur le Mississippi et c’est plus facile pour les Métis de s’affranchir du joug des compagnies de traite de fourrure en se rendant eux-mêmes marchander leurs fourrures et rapporter des biens en échange sans que la Compagnie de la Baie d’Hudson ni la compagnie du Nord-Ouest puisse y faire quoi que ce soit. Ils deviennent donc des hommes indépendants et le chemin Saint-Paul (Crow Wing Trail), chemin emprunté par les charrettes, traverse la rivière Roseau en aval et en amont de notre terrain. Le meilleur endroit, pour nous d’interpréter l’histoire, est de le faire où l’histoire s’est déroulée, sur les rives de la rivière Roseau, qui est très méconnue.

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Nous avons donc acheté notre terrain en 2000, commencé à façonner notre petit village, commencé à inviter les écoles… c’était très populaire. Notre programme était très interactif, tel que promu par l’industrie du tourisme.

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J'étais membre du CA de l’Association touristique de l’est du Manitoba, et nous avions des liens très étroits avec Travel Manitoba qui nous disait à ce moment-là que les gens commençaient à se lasser des musées et de voir l’histoire à travers des vitres, et voulaient plutôt vivre des expériences. Quelle meilleure expérience que de coucher dans

un tipi, apprendre comment partir un feu avec un batte-feu et une pierre à feu, préparer la bouffe sur un feu, savoir comment on faisait la chasse aux bisons avec de vrais mousquets qui font du tonnerre… les gens adoraient ça! 

Il y a un troupeau de bison à proximité et nous allions chercher nos peaux de bisons ainsi que de la viande de bison à une ferme avoisinante. Nous pouvions donc goûter à du bison sous forme de ragoût et fabriquer du pemmican, et faire de la galette comme dans le temps.

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Avec le temps, nous avons constaté que plusieurs auraient aimé payer pour l’aventure complète, mais n’avaient pas nécessairement les moyens. Par exemple, les Services à la famille se servaient de notre endroit pour y amener les enfants nourriciers dans le cadre de programmes de ressourcement, de reconnexion avec les familles. Plus les gens venaient, plus la demande pour des espaces de camping grandissait… de plus, notre terrain est situé au centre de 30 kilomètres de rapides de classe 1. Donc, les gens venaient camper et apportaient des bouées (tubes gonflables) et se laissaient descendre dans les rapides. Eux, n’étaient pas intéressés par l’histoire, n’allaient pas coucher dans un tipi… ils apportaient leur tente-camping et s’amusaient dans la rivière. 

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 200 acres de terre dans la vallée et où ils seront libres de faire ce qu’ils veulent. Ils seront seuls pour utiliser les sentiers aménagés, je pourrai leur raconter un peu de l’histoire de l’endroit sans grosse démonstration. Je suis musicien, donc si j’entends de la musique provenir d’un groupe dans la vallée, je vais aller le rejoindre avec ma guitare et ma

De notre expérience personnelle de camping dans les bois, nous savions que nous voulions nous éloigner des gens, être seuls. Nous avons donc décidé d’offrir à des groupes d’au moins 10 personnes un accès exclusif à

musique à bouche, ma guimbarde, on peut s’amuser autour du feu… les gens sont enchantés. De bouche à oreille, cet aspect de l’entreprise a fait boule

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de neige et nous avons fini par mettre de côté l’histoire et le camping historique. Laisse faire les tipis, laisse faire les peaux de bison, laisse faire les démonstrations en tout genre, plus besoin de faire la cuisine pour les visiteurs, ils vont s’organiser. Nous avons eu tellement de demandes que nous

devions refuser d’accepter deux groupes ensemble. Par la suite, nous avons aménagé trois grands sites et chaque site possédait son propre feu de camp. 

C’est ainsi que nous avons commencé à recevoir des requêtes pour accueillir des festivals de musique et autres (Rainbow Trout Music Festival, le Full Bloom Festival) et des groupes de plus en plus grands pour des anniversaires, des enterrements 

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de vie de célibataire, des mariages, etc. Et les gens reviennent, d’année en année. Depuis trois ans, toutes les fins de semaine du mois de mai au mois de septembre sont réservées pour des groupes (du programme Découvertes de l’USB, The Trail Finders of Manitoba, des groupes de ski de fond entre autres) au point que nous devons procéder à un réaménagement du terrain, améliorer l’infrastructure et doter les emplacements d’équipements (cuisine de service avec réfrigérateur), etc. 

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Et voilà que les gens commencent à connaître la rivière Roseau!

Les gens commencent aussi à me connaître, ils m’appellent par mon diminutif « Géo », je les connais, on échange des nouvelles de la famille… parce qu’avec le temps, ils sont devenus un peu comme une grande famille et lorsqu’ils reviennent, c’est un peu comme des enfants prodigues! Ce sont des gens qui respectent la nature et nous nous assurons qu’ils suivent certaines règles de base. Si vous laissez traîner vos ordures, vous n’allez pas revenir ici.

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Georges Beaudry est propriétaire de O'Roseau, Parc des rapides

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Par amour du théâtre

Au début de notre entrevue, vous nous aviez dit être devenu caméraman pour Radio-Canada. Par quel chemin êtes-vous arrivé à exercer ce métier?

Au Collège Saint-Boniface, le père Gagnon était amateur de cinéma. Les Jésuites étaient des hommes « capables »… des penseurs, mais des faiseurs aussi! Il y avait une période d’études entre 19 h et 22 h, mais nous avions la permission, selon nos champs d’intérêt, d’aller voir les films montés par le père Gagnon. Il nous montrait comment faire du montage, nous visionnions de vieux films russes sur le cuirassé Potemkine, entre autres du réalisateur Sergueï Eisenstein, il nous enseignait l’art du cinéma, le pouvoir du cinéma… et j’adorais ça! Il faut dire que cela se passait au tout début de l’ère de la télévision (j’avais 5 ou 6 ans lors de l’avènement de la télévision) et nous étions rivés sur certaines émissions de Radio-Canada comme Les histoires des pays d’en haut, d’Alain Grignon, les matchs de hockey… et c’est là qu’a commencé à se développer mon intérêt pour la cinématographie. Puis, j’ai suivi des cours de photographie et nous avons formé un club de photographie où on étudiait le cadrage, la lumière, etc. Il y avait aussi un programme de chorale et de théâtre au collège et chaque mois, lors d’une soirée parascolaire, nous devions présenter une pièce, laquelle nous filmions. 

Je commençais en même temps à développer un amour du théâtre et plus tard, lorsque j’ai eu vent que le Cercle Molière avait besoin de bénévoles (toujours besoin de bénévoles), je me suis impliqué. J’ai vite compris que mes talents servaient mieux derrière les coulisses que devant la scène et je suis devenu technicien-constructeur. Venant d’une lignée d’hommes à tout faire, je suis un « patenteur » et l’électricité, la plomberie, la charpenterie font partie de mes gènes. Je construisais des décors et j’apprenais l’éclairage. Je suis devenu régisseur au Cercle Molière, directeur technique au Centre culturel… toujours en approfondissant mes connaissances sur l’éclairage, le théâtre, le cinéma, l’éclairage de cinéma. Puis, du Centre culturel, je suis devenu technicien à Radio-Canada. 
 

J’avais aussi étudié le théâtre et le cinéma à l’École des beaux-arts de Banff, en Alberta, puis la photographie et le théâtre au Festival d’Avignon, en France… et d’autres études, comme des stages de cinéma à l’ONF. Tout ceci m’a mené à une carrière comme caméraman. J’ai filmé de grands événements sportifs et autres comme la visite du Pape, du

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président des États-Unis, de la reine d’Angleterre et cela m’a permis de faire ma place dans ce métier. 

Anecdote : Je demande souvent aux gens : « Savez-vous à quelle heure passent les nouvelles de 6 h? »


Les nouvelles passent à 18 h! Toujours sur le stress, comme caméraman, toujours une histoire à sortir, une heure de tombée, c’est toujours GO-GO-GO-GO-GO tout le temps et souvent dans des conditions très difficiles. Dans ce temps-là, nous n’avions pas de satellites, de téléphones cellulaires, pour envoyer une histoire d’un coin perdu au Nunavut, c’était l’enfer… je ne sais pas comment nous faisions. Mais nous réussissions parce que nous étions débrouillards. Il faut être très débrouillard!

Alors quand nous avons acheté ce terrain en 2000 et que j’ai pris ma retraite en 2002, et que les enfants avaient quitté le foyer, nous avons tout vendu, tout liquidé : la maison et le chalet dans le Nord que nous avions bâtis, et détruit nos cartes de crédit. Plus de dettes! Avec rien, nous sommes venus nous installer sur le bord de la rivière avec notre roulotte et je me suis dit : seul au monde, plus d’enfants, plus de dettes, plus d’obligations… je n’ai plus besoin de me presser. Je suis dans la nature, comme j’ai toujours voulu l’être. Alors j’ai enlevé ma montre, je me suis placé le dos à la rivière, et j’ai lancé ma montre vers l’arrière. Plouc! 

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Georges Beaudry est propriétaire de O'Roseau, Parc des rapides

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L’archéologie : Pour qui? Pourquoi?

Ce bref récit en deux parties s’adresse en particulier aux jeunes lecteurs francophones qui hésitent peut-être dans le choix d’une carrière. J’ai pensé qu’il pourrait aussi intéresser d’autres personnes qui se demandent pourquoi on devient archéologue. Je vais donc tenter de répondre à ces deux questions en utilisant mon propre parcours, qui est plutôt atypique, pour illustrer comment les choses peuvent se passer. 

PREMIÈRE PARTIE

À l’automne de 1970, eh oui, il y a déjà un demi-siècle, le gouvernement Trudeau déploie 6000 soldats pour étouffer un mouvement révolutionnaire qui agite le Québec. À Montréal la police perquisitionne et des étudiants, des artistes et combien d’autres personnes sympathiques à l’indépendance du Québec sont emprisonnées. À cette époque, je viens à peine de commencer mes études collégiales en sciences humaines et prépare un examen d’entrée en musique. Or pour ajouter à l’injure, il y a lockout au cégep de Saint-Laurent où j’étudie, en raison d’un différend entre l’administration et les professeurs. L’examen est reporté et pour moi, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Ne pouvant plus attendre, avec quelques amis qui comme moi aspirent à un changement et à la liberté, je pars pour la Colombie-Britannique sur le pouce et pratiquement sans un sou, avec comme tout bagage quelques vêtements et un sac de granolas faits maison.

C’est le début d’une aventure qui ne devait durer que quelques semaines, mais que je poursuis encore aujourd’hui. Tout a commencé par l’émotion initiale à la vue des montagnes Rocheuses, puis les amitiés qui se sont développées lorsque j’habitais à Gilpin, une petite communauté fondée par les Doukhobors au début du XXᵉ siècle. À vrai dire, il ne restait que quelques

cabanes à cet endroit situé près de Grand Forks et donnant sur la frontière canado-américaine. J’ai vécu dans cette région semi-désertique, située à une centaine de kilomètres à l’est de la vallée de l’Okanagan pendant près de deux ans, et avec quelques amis qui partageaient le même mode de vie, nous avons imaginé un projet de voyage à cheval jusqu’au Mexique. Il fallait donc trouver un travail pour acheter les chevaux et c’est ainsi que je suis parti pour me rendre en Alaska où il y avait une

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En 1972, chez des amis avec lesquels j'ai passé l'hiver un peu au nord de Grand-Forks en Colombie-Britannique.

grande demande de main-d’œuvre. Je me suis cependant arrêté à Prince Rupert, la capitale mondiale du flétan où après quelques démarches, j’ai trouvé un emploi en archéologie.

 

En effet, des fouilles de sauvetage devaient être complétées rapidement avant la construction d’un super-port, car à l’emplacement choisi, derrière la plage actuelle se trouvaient d’immenses amas coquilliers qui renfermaient des vestiges d’occupation humaine remontant à quelques milliers d’années. Les spécimens en os, en bois et même des paniers en osier tressé parfaitement conservé, et surtout, des sépultures incluant un crâne portant des traces de trépanation témoignant d’interventions chirurgicales très anciennes frappèrent mon imagination de jeune homme. Après ces fouilles qui durèrent trois mois, souvent sous la pluie, je rentrai à Gilpin où j’allais enfin pouvoir acquérir ma monture et partir. Cependant, mes camarades n’avaient pas eu autant de chance et le projet ne vit jamais le jour. Pour compenser ma déception, j’achetai une guitare Framus au dos bombé

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Moi à 22 ans, en train de prendre des notes devant un carré que je viens de fouiller méticuleusement; c'était en 1974, dans le parc national Forillon en Gaspésie.

comme celui d’un violon et passai encore quelque temps à Gilpin avant de rentrer au Québec. Sur le chemin du retour, je m’arrêtai au Musée de l’Homme à Ottawa (maintenant Musée canadien de l’histoire à Gatineau) où je devais rencontrer l’archéologue Roger Marois. Celui-ci me recommandait de faire des études en vue de compléter un doctorat, objectif immense pour un jeune homme décrocheur qui n’avait même pas encore fait ses études collégiales! 

Je ne suis cependant pas rentré au bercail immédiatement puisque je suis allé rejoindre une copine à Gaspé où j’ai vécu pendant plus de six mois dans une roulotte puis dans une vieille maison à Wakeham, petit hameau situé à proximité. Cet été-là, je me suis joint à une équipe d’archéologues dirigée par Jean-François

Blanchette qui préparait un doctorat à l’Université Brown sous la direction du grand archéologue américain James Deetz que je n’allais connaître que quelques années plus tard, lors de mes études de premier cycle universitaire.

 

Les travaux portaient cette fois sur des sites d’intérêt historique datant du régime français puis britannique. Occasionnellement, les sondages révélaient également une occupation beaucoup plus ancienne par les lointains ancêtres des Mi’gmaqs, le principal peuple autochtone de la Gaspésie.

 

Dans cette première partie, nous avons pu constater à quel point les circonstances, le hasard et l’expérience peuvent déterminer notre parcours individuel et susciter des réflexions menant à des choix décisifs.

DEUXIÈME PARTIE

Dans cette seconde partie qui traite du parcours singulier d’un archéologue ayant œuvré en milieu autochtone, le lecteur pourra constater qu’à force d’études, de patientes recherches et de persévérance, on arrive à mieux comprendre le monde qui nous entoure et on se donne la chance de s’épanouir et de contribuer à la connaissance du passé tout en favorisant le rapprochement interculturel. 


Après avoir connu deux expériences concrètes en archéologie, la première sur la côte du Pacifique et la seconde sur la côte atlantique, je suis rentré aux études et pratiquement chaque été par la suite, pendant une trentaine d’années, j’ai pu effectuer de longs séjours en milieu autochtone : d’abord chez les Cris de la baie James et par la suite chez les Inuits du Nunavik, puis chez les divers groupes autochtones du Labrador.

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Isaacie Padlayat, assistant de recherche et personne-ressource, près d’un ancien emplacement d’une tente découvert lors d’un inventaire archéologique au Nunavik (Québec arctique). (Photo : YL 1992)

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Fouille d’une structure dorsétienne, île Diana, Nunavik. (Photo : YL 1979)

Imaginez la diversité des expériences en forêt puis dans la toundra, les longues randonnées en plein air pour trouver les sites d’intérêt archéologique, puis les interminables journées à creuser patiemment les couches de sol pour contribuer ne serait-ce que modestement à la compréhension de l’histoire des peuples autochtones qui habitent ces régions depuis des temps immémoriaux!


Mes études se sont échelonnées sur des dizaines d’années, car il fallait aussi travailler et gagner ma vie, d’abord à titre d’assistant de recherche au laboratoire d’archéologie à l’Université du Québec à Montréal, auquel j’ai été affilié pendant une quinzaine d’années. Ce laboratoire était dirigé par Patrick Plumet, un archéologue d’origine française qui m’a beaucoup inspiré et à qui j’ai rendu hommage en organisant en 2014 deux ateliers dans le cadre du congrès d’Études Inuit à Québec. Ces rencontres ont permis de réunir des collègues avec lesquels j’avais étudié et travaillé entre 1978 et 1990 ainsi que des amis et des proches de M. Plumet.

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Aînés et assistants de recherche autochtones participant à l’inventaire d’anciens campements amérindiens. Projet hydro-électrique du fleuve Churchill, Labrador. (Photo : YL 1999)

De 1997 à 2005, j’ai vécu à Terre-Neuve-et-Labrador où j’ai travaillé à titre d’archéologue principal d’une firme-conseil en environnement. Tous les travaux réalisés durant cette phase de ma carrière, et en fait tous ceux que j’ai entrepris à compter de 1985, ont été planifiés et réalisés en étroite collaboration avec des communautés autochtones. Cette tranche de ma carrière ainsi que les 16 dernières années durant lesquelles j’ai vécu et enseigné au Manitoba pourront faire l’objet d’un nouveau partage en temps opportun.

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Inuits et Métis participant à un programme de formation à l’archéologie dans le contexte de l’étude d’impact du projet minier de Voisey’s Bay, Labrador. (Photo : YL 1996)

Pour l’instant, retenons que la vie est faite de hasards et qu’il vaut mieux saisir l’occasion lorsqu’elle se présente. À l’âge de huit ans, je n’avais aucune idée de ce que signifiait le mot archéologue, mot entendu et expliqué par mon meilleur ami qui lisait beaucoup et qui m’avait confié qu’il allait un jour devenir archéologue. Eh bien non, celui-ci est devenu médecin psychiatre! 


Si vous choisissez l’archéologie, il faudra vous armer de patience et ne pas vous imaginer que vous pourrez conserver les trésors enfouis que vous découvrirez. En effet, les permis de recherche ne sont attribués qu’aux professionnels qualifiés et ceux-ci sont tenus de retourner tous les vestiges recueillis et catalogués aux organismes gouvernementaux responsables de leur conservation. Si ces vestiges témoignent de l’histoire de peuples autochtones, ces derniers pourront revendiquer leur rapatriement. 


Bref, même si vous avez déjà en tête une carrière, grâce à vos propres démarches ou aux encouragements de vos parents ou de vos amis, donnez-vous quand même le temps de bien réfléchir et demeurez ouverts aux nombreuses possibilités qui s’offrent à vous. 


En effet, on peut commencer par les études et finalement se rendre compte que la pratique d’un métier ou d’une profession ne nous convient pas. Il faut donc se donner le temps d’envisager plus d’une possibilité avant de se lancer! On peut aussi débuter par des stages ou des expériences concrètes et être ainsi mieux en mesure d’évaluer la pertinence d’investir beaucoup de temps et d’énergie dans des études pour se spécialiser dans un domaine ou un autre. 


Il ne faut rien négliger pour faire les bons choix, tout en se rappelant qu’il arrive de plus en plus souvent que l’on change de carrière au cours d’une vie et que le changement peut être exigeant, mais que cela en vaut la peine. En effet, chaque jour vous passerez plus du tiers de votre temps au travail et il faudrait qu’il soit préférablement une source d’épanouissement et non simplement le moyen de gagner votre pain. Une chose est certaine, les études vous seront toujours d’un grand secours, même dans les temps les plus difficiles. 

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Yves Labrèche est professeur associé et coordonnateur de la Chaire de recherche sur les migrations, les circulations et les communautés francophones à l’Université de Saint-Boniface.

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Du micro à la danse… au micro

PREMIÈRE PARTIE

Je viens d’une famille où la curiosité et l’éducation étaient très valorisées. Je me souviens avoir toujours été accompagnée de ma mère lors de nos fréquentes visites à la bibliothèque. Tout petits, mon frère, ma sœur et moi allions à l’heure du conte et il y avait des livres en abondance dans la maison. Mon père, prêchant par l’exemple, lisait beaucoup et laissait traîner ses livres. À trois ans, je connaissais tous les noms des oiseaux d’un livre sur les oiseaux du Canada. Je n’aurais peut-être pas pu les identifier, mais j’avais déjà le goût d’apprendre, d’emmagasiner le savoir. Dans notre famille on accordait une grande valeur à la culture générale.

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Très jeune, j’ai développé le goût du micro. Je ne me souvenais pas de ça, mais on m’a remis récemment un enregistrement vidéo du temps de mes quatre ans où on me voit faire des entrevues avec mes toutous, avec mon frère, avec ma sœur, faire la météo, la circulation… animer à la radio, quoi. Je ne dansais pas encore, mais la communication, « prendre le plancher » faisait partie de la petite Marie-Gab. Je n’ai jamais dit : moi, c’est ce que je vais faire, travailler dans les communications, mais les preuves sont là, c’était en moi. Et à la maison comme dans l’auto, la radio primait. Même après son arrivée dans notre foyer, la télé n’a pas empiété sur la radio. Je crois que ce média, sans image à l’appui, m’intriguait.

Lorsque mon père fut directeur des événements spéciaux au Musée des beaux-arts de Montréal, j’ai eu la chance de connaître à fond les coulisses du musée. J’ai assisté à l’ouverture de caisses d’œuvres d’art venant d’Europe contenant entre autres des Magritte. C’était des événements très impressionnants pour l’enfant que j’étais et sûrement une part du ferment de mon engouement pour l’art. 

Le sport avait aussi une grande place dans ma famille. Mon père était un athlète de haut niveau, champion cycliste et encore aujourd’hui, il roule son 1000 km par semaine. Mon frère, aussi un athlète, et lui jouent au hockey très régulièrement. Avec ma mère, nous explorions la lecture, la musique, les arts. Elle nous a amenés voir des spectacles de théâtre et de danse dès notre tendre enfance. Aussi, mes parents n’étaient pas couveurs et nous ont incités à découvrir le monde autour de nous. Si nous voulions aller à un tel endroit, après les questions de prudence normale : « Quel est ton itinéraire? Avec qui es-tu? Quand reviens-tu? », ils nous faisaient confiance et nous étions libres d’aller nous promener.
 

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Et c’est certainement cette liberté qui m’a encouragée à poursuivre ma quête de vérité, l’impulsion derrière mon parcours en danse qui a duré plus de 30 ans, dont 15 à titre de danseuse contemporaine professionnelle.

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DEUXIÈME PARTIE

Je n’ai pas de plan, je laisse mon cœur diriger. Quand le cœur n’y est plus, il est temps d’aller ailleurs. La danse a commencé à me quitter surtout à cause de mon âge… peu de gens peuvent s’imaginer faire une carrière en danse jusqu’à 70 ans. Des Louise Lecavalier, il y en a une par époque. Je ne regretterai jamais mon parcours en danse. J’y ai été pauvre, blessée et heureuse. Mais déjà, durant la dernière année à titre de danseuse, on me mandatait toujours pour parler des spectacles aux médias. J’ai donc fait plusieurs entrevues tout simplement parce que j’étais celle qui était la plus à l’aise avec un micro… tellement à l’aise, que de fil en aiguille, on a commencé à me proposer des chroniques. J’ai commencé ainsi à parler d’arts visuels et après quelque temps, on m’a offert d’animer une émission à une station de radio montréalaise. 

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Les arts et la culture constituent mon premier alphabet, je peux en parler sans préparation, c’est ainsi que je comprends le monde. Mais j’ai aussi une grande curiosité et j’ai été agréablement surprise du plaisir que j’ai eu à animer ensuite une émission d’information. Pour moi, il s’agit d’une occasion quotidienne de réfléchir ensemble à ce qu’on est en train de devenir, d’où on vient et où on s’en va. Je trouve cette espèce d’instantané Polaroid, très stimulant. 

On peut aimer faire du micro avec des gens que l’on connaît déjà, qui nous ressemblent, avec qui on a des référents communs, et c’est ce que je faisais à Montréal. Ce que mon passage de trois ans au Manitoba m’a appris, c’est que c’est véritablement la rencontre avec l’autre qui justifie et confirme mon amour du métier. Parce qu’ici, je ne connaissais RIEN. Je ne connaissais ni le territoire, ni le nom des villes, ni les gens… et j’ai accueilli tout le monde à mon micro sans a priori. J’étais en position d’émerveille-ment lors de chaque rencontre d’abord par gratitude. Je gardais toujours en tête que les gens qui acceptent d’être interviewés le font par simple générosité. 

Avec la pratique du qi gong et de la méditation, j’ai cultivé ma capacité d’être dans le moment présent et de reconnaître la force qu’il y a dans l’immobilité. Et, entre cette immobilité et mon travail d’intervieweuse, plus excentré, il y a une sorte de danse où on dirige le mouvement. C’est un peu ça, une entrevue, deux mouvements : quelqu’un à qui on tend le micro et une « hôtesse ». Mais ensuite, plus que de simplement se retourner la balle, on emprunte un chemin de découverte. Je me suis toujours donné comme tâche d’entraîner mes invités dans l’exploration de sentiers inexplorés, mais toujours en les ramenant à bon port.
 

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L’art du mouvement va m’habiter toute ma vie. Même si je ne danse plus de façon quotidienne, je comprends la vie comme une danseuse. Mon plus grand plaisir dans la vie est de regarder les gens marcher… parce que j’apprends beaucoup de choses sur eux. Une posture, ça dit tout! 

Je vais maintenant couvrir l’escrime et la natation artistique des Jeux olympiques de Tokyo pour Radio-Canada. Et ensuite? Je n’ai pas de plan, je laisse mon cœur diriger.
 

Marie-Gabrielle Ménard a été aux rênes de l’émission L’actuel, à Radio-Canada Manitoba durant les trois dernières années.

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Courir les bois

Quand j’étais gamin, je me voyais d’abord pilote, et cela correspondait à ma fascination pour les avions. Puis, en grandissant, ma soif insatiable de comprendre le fonctionnement des choses vivantes, du corps humain entre autres, et mon désir de vouloir aider les gens m’ont amené à croire que mon métier serait médecin de famille. C’est donc ce vers quoi je me suis dirigé dans mes études postsecondaires, lorsque j’ai choisi de suivre le programme du bac en sciences à l’Université de Saint-Boniface.

Durant les étés, j’occupais des emplois qui me permettaient d’être en étroit contact avec la nature et cela s’harmonisait avec mon enfance passée à jouer dehors, à courir les bois, à me promener sur la rivière. Mes parents m’ont procuré la liberté et la confiance dont j’avais besoin pour explorer librement mon environnement, malgré les dangers toujours présents, et mon environnement, à Saint-Georges, au Manitoba, c’était la forêt et la rivière Winnipeg.

J’ai donc été guide de voyages en canot durant quatre étés, puis j’ai fait de la collecte de données sur la qualité de l’eau dans le coin de Saint-Georges et au nord, l’identification de plantes, etc.

De retour sur les bancs de l’université, je réalisais que, malgré mon fort intérêt pour la formation en vue de devenir médecin, j’allais exercer ce métier la plupart du temps confiné entre quatre murs. Et quelque chose s’est déclenché dans ma tête : je ne pourrai pas y être heureux à long terme, j’aimais trop être dans la nature. 

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Lac Anderson, à cheval sur la frontière Manitoba-Ontario

J’avais toujours cette curiosité de comprendre le fonctionnement des systèmes et des organismes vivants et leur interaction entre eux, et je pouvais encore travailler dans ce domaine, mais à l’extérieur, où je me sens vraiment chez moi. 

J’ai beaucoup appris à l’université, mais la majeure partie des connaissances qui ont permis de me lancer dans mon domaine, je les ai acquises sur le terrain, au cours de mes expériences d’emploi d’été, et même avant, sans m’en rendre compte, lors de mon enfance à parcourir les forêts et les rivières. Je ne savais pas, à l’époque, que ces connaissances n’étaient pas courantes. Elles m’ont aidé à devenir le biologiste que je suis aujourd’hui et d’en faire une carrière. 

C’est véritablement par hasard que j’ai commencé à travailler avec les loups en 2008. Je travaillais à titre de guide en canot avec un ami qui avait lui-même travaillé à recueillir des données sur la densité et la population des ours grizzlys dans une région de l’Alberta. Son équipe avait besoin d’une autre personne et j’ai obtenu le poste. J’ai donc passé l’été dans le bois à pister les grizzlys et à recueillir leurs poils accrochés aux trappes en vue d’analyser leur ADN. Ce travail m’a mis en contact avec un groupe d’étudiants de doctorat qui eux, suivaient les caribous et les loups dans la même région. Ils attrapaient des loups et leur posaient des colliers GPS afin de comprendre leur comportement et leur impact sur les troupeaux de caribous.

 

Lors de nos rencontres dans le bois, nous avons formé des amitiés et un matin, je suis invité à venir voir cette opération de relâcher un loup dans la nature après lui avoir installé un collier. De fil en aiguille, j’apprends que l’on recherchait des gens pour poursuivre cette activité avec les loups en hiver, et on me propose le travail. Dans cet emploi, j’ai pu acquérir beaucoup de connaissances sur les loups, surtout sur le comportement lié à leur diète, leurs déplacements et leurs interactions entre les différents membres de la meute.

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Site de mise à mort

C’est ainsi que j’ai commencé à travailler avec les loups, et qu’après les avoir étudiés pendant plus d’une décennie, j’en suis maintenant un spécialiste en quelque sorte. Et ce sont mes expériences de bénévolat, où j’ai été membre de conseils d’administration et où j’ai donné de la formation à des groupes de jeunes, qui ont contribué à ma capacité de m’exprimer publiquement et de vulgariser mes connaissances.

C’est la curiosité pour les choses qui m’entourent qui m’a mené à mon métier et c’est mon souhait pour vous tous : soyez curieux! Vous verrez bien où cela vous mènera.

 

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Daniel Dupont est biologiste de la faune pour le ministère Agriculture et Développement des ressources du gouvernement du Manitoba et étudiant au doctorat à l’Université Memorial de Terre-Neuve depuis 2016.

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Épilogue

Un sarrau accroché à une patère, un éducateur engagé, une activité de bénévolat, une rencontre par hasard, une aventure romantique, une insatiable curiosité, un voyage à l’étranger, une enfance dans les bois, une activité parascolaire, un engouement pour l’histoire, une expérience sportive, un engagement dans sa collectivité, la fuite d’une situation intenable, un décrochage scolaire, une lecture inspirante, une occasion fortuite, un contact avec le monde artistique, un emploi d’été… et surtout, surtout, la capacité de demeurer ouvert aux nombreuses possibilités qui s’offrent à toi, voilà ce qui possède le potentiel de déterminer ton métier, ton parcours de vie.

Bien sûr, les études, une bonne dose de persévérance ainsi que le goût de comprendre le monde qui t’entoure et tes motivations profondes vont contribuer au succès final.

Dans cette chronique débutée il y a un an, des personnes ont raconté comment elles sont parvenus à l’activité qui leur permet de gagner leur vie et de s’épanouir au quotidien, aussi bien sur le plan personnel que professionnel. Il y avait :

  • une chercheuse et professeure agrégée au Département de chimie à l’Université du Manitoba;

  • le responsable des communications et du marketing au Centre d’interprétation du marais Oak Hammock;

  • une artiste peintre et Imagicienne;

  • le propriétaire d’Oroseau, un terrain de camping et une aire de loisirs;

  • le professeur associé et coordonnateur de la Chaire de recherche sur les migrations, les circulations et les communautés francophones à l’Université de Saint-Boniface;

  • l’animatrice de l’émission L’actuel à Radio-Canada pendant trois ans;

  • un biologiste de la faune pour le ministère de l’Agriculture et du Développement des ressources du gouvernement du Manitoba

Toi, qui te trouves sur les bancs d’école ou peut-être à une croisée des chemins et qui te questionnes sur ton futur, tu seras rassuré en prenant connaissance de ces différents parcours et nous espérons que tu arriveras à la conclusion qu’il faut faire confiance à la vie.

Comme le dit si bien Yves, décrocheur scolaire devenu anthropologue :
 

« Il ne faut rien négliger pour faire les bons choix, tout en se rappelant qu’il arrive de plus en plus souvent que l’on change de carrière au cours d’une vie et que le changement peut être exigeant, mais que cela en vaut la peine. En effet, chaque jour vous passerez plus du tiers de votre temps au travail et il faudrait qu’il soit préférablement une source d’épanouissement et non simplement le moyen de gagner votre pain. »

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